Il décrète qu’on doit livrer et gagner ce qu’il appelle la bataillede l’Atlantique contre les meutes de sous-marins de l’amiral Dönitz, quiattaquent les convois la nuit, coulant durant les deux premiers mois de 1941 640 000 tonnesde navires alliés. Or il faut à la Grande-Bretagne pour survivre importer 33 millionsde tonnes par mois.

Churchill suit chaque jour l’évolution de cette bataille. Ilconnaît par cœur le chiffre des pertes. Il interroge les amiraux – Pound, Cunningham –qu’il appelle ses daily prayers.

Il les écoute, s’éloigne tête baissée en murmurant :« C’est terrifiant. »

« Ce danger mortel qui menace nos communicationsvitales me ronge les entrailles, dit-il. Combien je préférerais une invasionsur une grande échelle à ce péril insondable et impalpable. »

Il pense à ces navires torpillés qui deviennent des brasiers,à ces milliers de marins, noyés, asphyxiés par le mazout.

C’est la « mer cruelle ».

« Nous devons donner une priorité absolue à cetteaffaire », dit-il à l’amiral Pound.

Il veut tout contrôler. Il préside le Comité pour labataille de l’Atlantique qu’il vient de créer.

Il rédige un document en treize points qui définit les buts,les moyens de cette lutte pour la survie. Car la guerre peut être perdue surmer.

Le document Battle of the Atlantic Directive estachevé le 6 mars 1941.

Désormais, les sous-marins de l’amiral Dönitz, les cuirasséset les croiseurs de l’amiral Raeder (le Bismarck, le Tirpitz, le Scharnhorst,le Gneisenau) vont être les uns et les autres traqués, refoulés.

Churchill, Premier Ministre, mais ancien Premier lord de l’Amirauté,y veillera chaque jour.



13 из 232