valeureux. Ils se méfient des services de renseignements de la France Libre, quideviennent le 17 janvier 1942 le Bureau Central de Renseignements et d’ActionMilitaire (BCRAM) et sont dirigés par le colonel Passy.

Pourquoi ne pas être directement en contact avec les Anglaisou les Américains ou même maintenir un lien avec les hommes de Vichy ? Frenayverra ainsi Pucheu, le ministre de l’intérieur de Pétain, l’homme qui a « trié »les otages que les Allemands vont exécuter en représailles de l’assassinat d’officierspar des « terroristes » communistes.

Pucheu, le ministre détesté, le « collaborateur »indigne, qui a choisi les « communistes » comme otages.

Mais Frenay, qui le rencontre, dit de lui :

« Pucheu ? Indiscutablement un homme fort, son langageest viril, sa parole franche, rien en lui de trouble et de cauteleux. Il pensece qu’il dit et il le dit avec force. »

Et Henri Frenay, l’un des premiers résistants, un patriotedéterminé, le créateur du mouvement Combat, est fasciné, flatté aussique Pucheu lui confie :

« Si j’ai accepté de vous rencontrer, c’est parce queje savais avoir affaire à un homme raisonnable. »

Mais comment, ainsi « distingué », Frenayaccepterait-il d’emblée sans rechigner de rentrer dans le rang, de se soumettreau « préfet » Jean Moulin, et de dépendre de lui pour ses contactsavec Londres, pour les livraisons d’armes et les attributions de fonds ?

Tâche difficile que celle de Moulin qui, ce jeudi 1er janvier1942, alors que le mistral cisèle comme à coups de burin les arêtes desAlpilles, hâte le pas.

Voilà des années qu’il vit dans l’urgence, Front populaire, guerred’Espagne, débâcle : chaque fois il a fait face.

Le temps presse toujours si l’on veut échapper à la tyrannie.

Et si l’on veut l’unité de la Résistance, « tout oupresque reste à faire. Il faut tout organiser, c’est-à-dire créer de toutespièces à l’aide de personnalités plus ou moins hésitantes, disciplinées oudésintéressées, des troupes et des services bien encadrés et chargés de tâcheset de missions précises ».



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