Il faut repérer, créer des terrains d’atterrissage pourétablir des liaisons régulières avec Londres. Il faut dresser la liste deszones de parachutage.

Ilfaut avec méthode essayer de mettre de l’ordre, réconcilier les chefs de réseau,jaloux de leur autorité, souvent rivaux, asseoir autour d’une même table HenriFrenay – Combat – et d’Astier de La Vigerie – Libération.Et pendant ce temps-là, la Gestapo arrête, torture, démantèle les réseaux.

Il faut lutter contre la lâcheté ou la trahison des attentistes,des collaborateurs ou des agents de l’ennemi.

Il faut surveiller les communistes qui ont leurs propresréseaux et préparent l’après-guerre, et dont on sait qu’ils sont en liaisonavec les services secrets soviétiques, cet « Orchestre rouge » donton soupçonne l’existence, mais dont on n’a pas percé les secrets.

Tâche immense et essentielle. Le sort de la France Libre s’yjoue, et donc le sort de l’avenir de la souveraineté française.

« Jean Moulin, dit de Gaulle, emportait mon ordre demission, l’instituant comme mon délégué, pour la zone non occupée, et lechargeant d’y assurer l’unité d’action des mouvements de résistance.

« C’est lui qui serait en France le centre de noscommunications, d’abord avec la zone Sud et dès que possible avec la zone Nord. »

Tout remonte à Jean Moulin. Il est la clé de voûte de laRésistance. Il organise, contrôle, rassemble, ordonne, reçoit et distribue lesfonds fournis par la France Libre.

Moulin rencontre les chefs, les fondateurs des réseaux :d’Astier de La Vigerie, Frenay, Chevance.

« Mon nom sera Charvet, dit Henri Frenay.

« Le mien Bertin, dit Chevance, l’adjoint de Frenay.



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