« Nos alliés, poursuit de Gaulle, cherchent à contesterce rassemblement de la France autour de nous. »

Au moment même où la police du gouvernement de Vichy arrêteà Lyon, à Clermont-Ferrand, des animateurs du mouvement Combat, dontChevance-Bertin, et Bertie Albrecht, la compagne d’Henri Frenay.

Elle les relâchera, mais la précarité, la fragilité dessuccès obtenus par Moulin sont évidentes.

Et de Gaulle a le sentiment que sur tous les fronts il enest de même.

On a cru un peu vite, en ce mois de janvier 1942 que l’Allemagneétait à la veille d’être battue.

Or, dès la mi-janvier, la Wehrmacht ne recule plus en Russie.La contre-offensive russe, victorieuse, s’arrête après avoir repoussé lesAllemands à 200 kilomètres de Moscou.

Succès majeur, mais les armées nazies ne sont pas brisées. Ausud du front, dans le Donbass, les Allemands attaquent. À l’extrême nord, ils n’ontpas fait plier Leningrad, mais la ville est toujours assiégée.

De Gaulle, le 20 janvier 1942, à la radio de Londres, peutbien saluer les succès de la Russie, célébrer avec « enthousiasme l’ascensiondu peuple russe », il sait que la victoire n’est encore qu’une perspectiveà peine esquissée.

Il faut cependant l’exalter, dire :

« La mort de chaque soldat allemand tué ou gelé enRussie, la destruction de chaque canon, de chaque avion, de chaque tankallemand, au grand large de Leningrad, de Moscou, de Sébastopol, donnent à laFrance une chance de plus de se redresser et de vaincre. »

Et de Gaulle commence à jouer de la force affirmée de laRussie pour conforter la position de la France Libre, face à Washington et àLondres.

« L’alliance franco-russe, dit-il, est une nécessitéque l’on voit apparaître à chaque tournant de l’Histoire. »



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