
Et il en sera ainsi dans l’Europe libérée, car « laRussie sera au premier rang des vainqueurs de demain ».
Mais ce n’est encore qu’une vision.
Pour l’heure les Allemands sont encore à Smolensk, etmenacent de s’emparer de Sébastopol !
Il a d’ailleurs suffi de trois semaines en janvier 1942, pourque la réalité de la puissance allemande s’impose à nouveau.
Rommel, et son Afrikakorps, se préparent à l’offensive. Lessous-marins allemands détruisent chaque jour plus de bateaux que n’en peuventconstruire les chantiers navals américains et britanniques.
Aux antipodes, la poussée japonaise s’amplifie, après HongKong, Manille, les îles de Guam et de Wake, la presqu’île de Malacca etSingapour sont conquises ou menacées.
Certes à l’horizon, la victoire des Alliés semble inéluctable,et le général américain MacArthur a raison de répéter « je reviendrai ».
L’US Air Force prépare un premier raid de bombardement surTokyo, pour bien montrer que le Japon n’est pas invulnérable, et que lesÉtats-Unis iront jusqu’au bout.
Mais la guerre sera longue et cruelle.
Il faudra serrer les dents, surtout quand on n’est pas à latête d’un État, mais d’une France Libre qui n’est d’abord qu’une espérance etune volonté.
C’est le gouvernement de Vichy qui, bien que veule et soumisà l’occupant, est aux yeux de la majorité des Français l’autorité légitime.
C’est lui qui commande à l’armée de l’armistice et imposeses consignes à la censure.
Le 13 janvier 1942, le texte suivant est communiqué auxjournaux :
« Évitez d’employer les mots Russie et Russe. La margedes synonymes entre Soviets et Rouges est assez étendue sans qu’il soit besoinde recourir aux anciennes dénominations. »
Et c’est au maréchal Pétain que, le 20 janvier 1942, lapolice prête serment !
C’est cela le visage « officiel » de la France !
Et parfois de Gaulle a le sentiment que tel Sisyphe ilpousse un rocher qui retombera et tout sera à recommencer !
