Mais à chaque changement de date, la détermination du Führersemble devenir de plus en plus forte. Comme si chaque obstacle avivait sonimpatience, son obsession.

« Les Juifs nous ont mis la guerre sur les bras etdéclenché la destruction, dit Hitler. Il est naturel qu’ils soient les premiersà en supporter les conséquences. »

Goebbels recueille dans son journal les propos de plus enplus précis de Hitler.

« Concernant la question juive, le Führer a déblayé leterrain… La guerre mondiale est en cours, l’anéantissement de la juiverie doiten être la conséquence nécessaire.

« Cette question doit être envisagée sans aucunesentimentalité. Nous ne sommes pas là pour avoir pitié des Juifs, mais pouravoir pitié de notre peuple allemand. Maintenant que le peuple allemand a perdu160 000 hommes de plus sur le front de l’Est, les instigateurs –les Juifs – de ce conflit sanglant vont devoir le payer de leur vie. »

L’Obergruppenführer SS Reinhard Heydrich parle d’une voixégale, glacée, sans qu’un seul des traits de son visage bouge. Les yeux sontfixes. Il ne regarde pas les feuillets qu’il a posés sur la table.

L’Obersturmführer SS Eichmann note dans le Protocole de laconférence, qui sera diffusé à seulement trente exemplaires et classé « secretdu Reich » :

« Le chef de l’Office central pour la Sécurité du Reichau sein de la SS fit part en ouverture de la mission qui lui était confiée parle Reichmarshall du Grand Reich en vue de la préparation de la solution finalede la question juive en Europe et indiqua que l’objectif de cette conférenceétait de clarifier les questions de fond.



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