
« Au cours de la solution de la question juive enEurope seront à prendre en considération environ 11 millions de Juifs. »
Il n’est donc plus seulement question de Juifs allemands, oupolonais, ou russes.
Ceux-là ont déjà été regroupés en ghettos puis massacréspour laisser la place à des Juifs allemands déportés. Et désormais ce sont lesJuifs de toute l’Europe qui doivent être « pris en compte ».
Heydrich n’emploie pas le mot « extermination », maisces dirigeants nazis rassemblés autour de la table ont tous participé – directementou en créant les conditions du meurtre – à des massacres de Juifs.
Quatre d’entre eux ont ordonné ou dirigé des exécutions demasse perpétrées par les Einsatzgruppen SS.
Eichmann et Muller, tous deux SS et membres de l’Officecentral pour la Sécurité du Reich, ont appelé à fusiller tous les Juifs deSerbie. Chacun de ces hommes – SS, secrétaire d’État – comprend que « solutionfinale » signifie extermination.
« Au cours de l’exécution pratique de la solutionfinale, l’Europe sera passée au peigne fin d’ouest en est », dit Heydrich.
Il précise :
« Au cours de la solution finale, les Juifs de l’Estseront mobilisés pour le travail avec l’encadrement voulu. En grandes colonnesde travailleurs séparés par sexe, les Juifs aptes au travail seront amenés àconstruire des routes dans ces territoires, ce qui sans doute permettra unediminution substantielle de leur nombre. »
Chacun des hommes présents comprend le sens de ces derniersmots. Les inaptes au travail seront tués.
Les autres mourront à la tâche, ou massacrés au gré de l’humeurdes gardiens.
« Pour finir, ajoute Heydrich, il faudra appliquer untraitement approprié à la totalité de ceux qui resteront car il s’agiraévidemment des éléments les plus résistants, puisque issus d’une sélectionnaturelle, et qui seraient susceptibles d’être le germe d’une nouvelle souchejuive pour peu qu’on les laisse en liberté (voir l’expérience pratique de l’Histoire). »
