
Il a vingt-quatre heures pour répondre.
Paulus, terré dans son quartier général improvisé dans lesous-sol de l’Univermag – un grand magasin réduit à un amoncellement dedécombres –, lit le texte ; puis le commente avec ses officiers. Paulusparle avec difficulté. Il est épuisé, exsangue, hirsute, il tremble.
« La situation de vos troupes est désespérée, écriventles Russes. Elles souffrent de la faim, de la maladie et du froid. Le cruelhiver russe ne fait que commencer. Le gel, les vents polaires, les tempêtes deneige approchent. Vos soldats sont démunis de vêtements chauds et vivent dans desconditions inhumaines.
« Vous n’avez aucune chance de briser les cercles quivous entourent. Votre situation est sans espoir et il est désormais inutile depoursuivre la résistance.
« Pour toutes ces raisons et afin d’éviter d’inutileseffusions de sang, nous vous soumettons les conditions de capitulationsuivantes. »
Elles sont traditionnelles et le général Paulus, comme s’ilvoulait convaincre ses officiers, lit lentement, s’arrêtant après chaque phrase.
« Les armes, le matériel et les munitions seront livrésaux Russes en bon ordre et en bon état.
« La vie et la sécurité seront garanties à tous lessoldats et officiers qui cesseront le combat et, dès la fin de la guerre, ilsretourneront en Allemagne ou dans tout autre pays où les prisonniers de guerrechoisiront de se rendre.
« Tous les prisonniers peuvent garder leurs uniformes, leursinsignes, leurs décorations et leurs objets personnels ; quant auxofficiers supérieurs, ils conserveront leurs armes blanches. Tous lesprisonniers recevront une alimentation normale, et des soins médicaux serontfournis à ceux qui en ont besoin. »
La réponse doit être remise le lendemain, samedi 9 janvier,à 10 heures. Le lieu, les conditions – une voiture arborant undrapeau blanc – sont précisés.
