Si l’ultimatum est rejeté, l’artillerie et l’aviation russesannihileront les troupes allemandes encerclées. Les chefs allemands porterontla responsabilité de cet anéantissement.

Silence d’abord dans ces sous-sols surpeuplés, puis des voixque Paulus ne cherche pas à identifier. L’une dit que les suicides semultiplient, que les Roumains se rendent déjà.

D’autres voix disent qu’on ne peut faire confiance auxRusses. Ils massacreront. Ils laisseront mourir.

Paulus se lève. Il va câbler l’ultimatum au Führer auqueltous les soldats allemands sont liés par le serment. Il ne l’oublie pas.

Chacun imagine la réponse du Führer. Mais Paulus précise qu’ildemandera au Führer de lui accorder sa pleine liberté d’action.

La réponse est un nein brutal.

Mais le silence, le samedi 9 janvier, a enseveliStalingrad.

Personne ne tire.

Des officiers russes s’aventurent dans le no man’s land,s’adressent à quelques Allemands qu’ils conjurent de déposer les armes. En vain.

Le dimanche 10 janvier, cette trêve de fait cesse.

Sept mille canons et mortiers russes (170 par kilomètre danscertains secteurs) écrasent les positions allemandes.

La résistance est acharnée, mais les Allemands sontsubmergés, l’avance russe est irrésistible. En moins de six jours, la pocheallemande est réduite de moitié.

Le dimanche 17 janvier, les Russes renouvellent leuroffre de capitulation.

Des soldats allemands résistent jusqu’à leur avant-dernièrecartouche puis se suicident ou achèvent les blessés pour qu’ils ne tombent pasaux mains des Russes.

D’autres sortent de leurs bunkers, s’avancent, chancelants, sansarmes, et se rendent.

Le général Paulus câble au Führer :

« Commandement devenu impossible. Troupes sansmunitions ni vivres. Dix-huit mille blessés privés de secours médicaux, pansements,médicaments. Insensé continuer, résistance, écroulement inévitable. Requiersautorisation capituler immédiatement pour épargner destruction troupessurvivantes. »

Le Führer répond aussitôt :



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