« Le peuple allemand attend que vous fassiez votredevoir à l’exemple des soldats qui défendent encore la forteresse sud. Chaquejour, chaque heure de votre combat contribue à faciliter la création d’unnouveau front. »

Ils résisteront jusqu’au mardi 2 février :

« Avons combattu jusqu’au dernier homme contre unennemi d’une écrasante supériorité. Vive l’Allemagne ! »

Un avion allemand de reconnaissance survole les décombres dela ville.

« Plus aucun indice de bataille », signale-t-il.

Ce jour-là, la température est descendue à 37 degrésau-dessous de zéro.

Quatre-vingt-onze mille soldats et 24 généraux formentdans la neige une colonne noire qui avance lentement.

Enveloppés de couvertures, ils ont souvent les membres gelés,ils sont blessés, affamés, hébétés.

Ces spectres sont ce qu’il reste d’une armée de 285 000 hommes.Ils marchent vers les camps de Sibérie, ils sont rongés par les poux, lagangrène, les abcès, les plaies purulentes.

Cinq mille d’entre eux seulement retrouveront un jour l’Allemagne.

Le général Rokossovski écrit à Staline :

« Conformément à vos ordres, les troupes du front duDon ont achevé le 2 février 1943 de mettre en déroute et de détruire lesforces ennemies encerclées à Stalingrad. »

4.

« Ils n’ont pas été capturés », dit Hitler.

Son visage est secoué par des tics. Il ne parle pas, ilgrommelle, il gronde.

Il s’immobilise face à son chef d’état-major, leFeldmarschall Zeitzler.

« Ils se sont rendus volontairement, reprend le Führer.Sinon, ils auraient serré les rangs, formé un hérisson et se seraient faitsauter la cervelle avec la dernière balle de leur revolver. »



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