« Cette guerre est une guerre de religion. La victoirede l’Allemagne empêchera notre civilisation de sombrer dans le communisme.

« Il y a plusieurs routes à suivre, j’ai choisi laseule qui puisse conduire au salut de notre pays. Je ne me laisserai jamaiségarer par l’opinion publique si elle doit me faire tourner le dos à l’intérêtde la France. Je renverrai impitoyablement tout ce qui, sur ma route, m’empêcherade sauver la France. »

Mais Pierre Laval, bien qu’enfermé dans le seul rôle qui luireste à jouer, est aussi un homme lucide qui mesure les dérisoires moyens dontil dispose.

« Il est difficile, en toutes circonstances, de dirigerla politique de notre pays, confie-t-il. Mais quand il se trouve sans armée, sansflotte, sans Empire et sans or, la tâche de celui qui est chargé de gouverner s’avèreparfois insurmontable. »

Elle l’est en ce début d’année 1943, car la vie des Françaisdevient de plus en plus difficile et ils savent bien que l’occupant allemandpille le pays.

Et les « bonnes intentions » des « ministres »de Laval, et de Laval lui-même, ne réussissent en rien – ou presque rien –à améliorer la situation de la plus grande partie de la population.

Il faut d’abord « nourrir » et « payer »la Wehrmacht.

Les officiers allemands et les « trafiquants », intermédiairesen tout genre à leur service, se gobergent dans les restaurants du marché noir :le prix d’un seul déjeuner dépasse le montant du salaire mensuel moyen !

Réduit aux seules denrées distribuées par le « ravitaillementlégal », un Parisien ne peut vivre que cinq ou six jours par mois !

Chacun est donc contraint de se livrer au marché noir, etles plus humbles vivent avec la faim au ventre : 200 grammes dematières grasses et 300 grammes de viande par mois !

Les légumes frais sont rationnés… ail compris !

Quant au pain, sa ration varie selon les récoltes, maislorsqu’elles sont abondantes, on relève de 25 grammes la ration attribuée !



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