
Pour les travailleurs manuels, elle peut atteindre 350 grammespar jour mais elle sera au fil des mois réduite à 100 grammes, voire 50 danscertaines villes.
Le lait manque pour les nouveau-nés. Les mères ne peuventallaiter pour cause de malnutrition.
En fait, la sous-alimentation est la cause immédiate de lamort de près de 150 000 Français.
Certes, agriculteurs, commerçants et privilégiés de lafortune peuvent échapper à la faim, mais le peuple souffre, épuisé, engloutipar la recherche quotidienne d’aliments pour les enfants. Cette quête devientune « obsession » qui mobilise toute la volonté.
Or il faut de l’énergie physique pour vouloir et pouvoir sebattre, et seuls les jeunes gens vigoureux s’engagent dans la Résistance.
Ils y sont poussés par la mise en œuvre du Service duTravail Obligatoire. Et les jeunes concernés, pour échapper à un départ vers l’Allemagne,se réfugient à la campagne, dans des villages, chez des paysans.
Ils sont ainsi au contact des « maquis » quicommencent à rassembler des « maquisards », ces partisans peunombreux encore.
Ils reçoivent quelques armes parachutées. Ils sont l’émanationdes mouvements de résistance : Combat, Franc-Tireur, Libération,et les Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF) liés au Particommuniste.
Ces maquis encore embryonnaires révèlent que la « guerrede partisans » conduite par les Russes devient une référence que confirmel’écho des batailles qui se livrent sur le front de l’Est. Stalingrad exalteces jeunes combattants.
Pour les Allemands et les collaborateurs enrôlés dans leService d’Ordre Légionnaire, le SOL, créé par Joseph Darnand, ces « réfractaires »,ces « maquisards » sont des « terroristes », des « communistes »,des « gaullo-communistes » voués, lorsqu’ils sont pris, à ladéportation ou, si c’est au terme de combats ou d’une opération « anti-maquis »,au peloton d’exécution et souvent à la torture.
Les Allemands d’ailleurs ne cherchent plus à se montrer « korrect » :c’est ainsi que la population française les avait jugés dans les premièressemaines de l’Occupation, dans l’été et l’automne 1940.
