déserteurs allemands y sont cachés. Il n’y a donc qu’une solution : jedonne l’ordre de raser tout ce quartier du Vieux-Port. »

Oberg, le représentant de Himmler en France, se rendaussitôt à Marseille, fustigé par Himmler qui l’accuse de ne pas avoir signaléce que le Führer vient de lui révéler. Les instructions du Führer doivent êtreexécutées sans délai.

Oberg annonce à René Bousquet que la police allemande vaencercler le 1er arrondissement de Marseille, arrêter les 50 000 personnesqui l’habitent. Elles seront déportées. S’il y a des résistances, elles serontbrisées à l’aide de tanks, puis le quartier sera détruit.

René Bousquet et le préfet régional Lemoine obtiendront quel’opération soit conduite par la police française.

Elle débutera le 24 janvier 1943 à 5 heures dumatin. Les destructions seront moins étendues que celles prévues par lesAllemands, et les « déportés » ne seront que… 20 000, dont lamoitié seront internés dans un camp « français » à Fréjus etéviteront ainsi le départ pour le camp de Compiègne puis les camps deconcentration en Allemagne.

Moindre mal ?

Ce qui demeure, c’est que l’ordre du Führer a été exécutépar les forces de l’ordre françaises, que l’État français n’existe plus, que l’illusionentretenue de juillet 1940 au 11 novembre 1942 est morte.

La police de Pétain et de Laval n’a pas conduit à préserverla souveraineté française dans le cadre d’une « collaboration », ellea abouti – ainsi que de Gaulle le martèle depuis le 18 juin 1940 –à la soumission.

Et les Allemands exigent toujours plus.

Ils ont réussi à occuper la Tunisie où en novembre 1942 lesAméricains – étrange et grave oubli – n’ont pas débarqué. Les troupesfrançaises présentes dans le protectorat tunisien tentent en vain de s’opposeraux parachutistes allemands.



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