
La Wehrmacht occupe la Tunisie. Mais le Grand QuartierGénéral allemand, installé à Tunis, semble ne pas vouloir s’emparer de laflotte française ancrée dans la rade de Bizerte.
Lorsque l’amiral Derrien, qui la commande, est convoqué à l’état-majorallemand, il ne se doute pas – après plusieurs semaines de relationscourtoises – que le général Nehring va lui donner trente minutes pourlivrer intacts tous les vaisseaux français, la seule force militaire dontdispose Vichy.
Si l’ultimatum n’est pas exécuté, dit Nehring, « leséquipages seront tués jusqu’au dernier officier et marin. On ne fera pas deprisonnier ».
Que faire ?
La Tunisie est entre les mains allemandes.
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C’est vers la Tunisie, désormais occupée par plus de 200 000 soldatsallemands et italiens, que, en ces premiers jours de l’année 1943, se dirigeRommel.
Longue retraite depuis sa défaite à El-Alamein face à laVIIIe armée britannique du général Montgomery – « Monty ».
Rommel est sans illusions.
Il a installé son poste de commandement dans la ferme d’uncolon, à la frontière nord de la Tripolitaine. Il lui faut atteindre le sud dela Tunisie, faire la jonction avec les forces allemandes et italiennes qui s’ytrouvent.
Mais il est lucide et amer : il lui faudrait recevoir 50 tonnesde munitions et 1 900 tonnes d’essence par semaine et on lui en livre30 et 800 tonnes !
Comment faire face au déferlement britannique ?
Il aperçoit dans un nuage de poussière une masse de 200 tanksanglais. Le ciel est, nuit et jour, occupé par des bombardiers et des chasseursde la Royal Air Force.
La mer est parcourue par des vedettes rapides anglaises.
« Elles viennent de couler dix sur quatorze de noschalands d’essence à l’ouest de Tripoli. »
« Terrible nouvelle. »
