
Quand il apprend qu’en raison de son état de santé il vaêtre relevé de son commandement, et que son successeur sera le général italienMesse qui arrive directement de Russie, il s’emporte :
« Après l’expérience de cette retraite, je n’ai aucuneenvie de continuer à jouer le bouc émissaire de cette bande d’incapables ! »
Mais quelques jours plus tard, il ajoute :
« J’ai décidé de ne rendre mon commandement que surordre, sans tenir compte de mon état de santé. Dans une telle situation, jeveux m’accrocher, même au-delà de toute limite, même contre l’avis des médecins.Vous comprendrez, très chère Lu, mon attitude. Le successeur qu’on m’a envoyéde Rome pourra bien attendre son tour. »
Il ne veut pas abandonner ses soldats.
On lui rapporte du Grand Quartier Général de Hitler « lesplus chaudes congratulations du Führer dont j’ai encore toute la confiance ».
Mais il ne s’illusionne pas. Il écrit à son épouse :
« Les événements sont devenus très graves, ici enAfrique, et à l’Est aussi.
« Nous devons prévoir la mobilisation intégrale dutravail pour tous les Allemands, sans considération de résidence, de conditionsociale, d’âge ou de capacité. Pensez-y en temps opportun, chère Lu, pourtrouver quelque chose qui vous convient. Notre fils lui-même devra bientôtprendre sa place devant un établi ou derrière un canon antiaérien. C’est, vousle savez bien, une affaire de vie ou de mort pour le peuple allemand.
« Je vous écris cela parce que je ne veux pas vousfarder ce qui arrivera sans doute. C’est une idée à laquelle il vaut mieux sepréparer de bonne heure afin de l’accepter plus facilement. »
On croit entendre en écho aux propos de Rommel le discoursque prononcera Goebbels, le 18 février, dans lequel il martèlera l’idée qu’ilfaut conduire une guerre totale : la Totalkrieg.
Mais la lettre de Rommel précède de plusieurs semaines l’appelde Goebbels.
