
Mais Roosevelt en est persuadé, l’heure est à la fin descolonies. Maroc, Algérie, Tunisie, Afrique-Occidentale ou Équatoriale, tous cesterritoires doivent accéder à l’indépendance ou la retrouver !
Quant à Churchill, dans un grand discours à la Chambre descommunes réunie en comité secret, il a justifié les choix de Roosevelt.
Le Premier ministre anglais a déversé toutes ses rancœursaccumulées contre de Gaulle, évoquant le « caractère difficile du général »,l’« étroitesse » des vues de cet « apôtre de l’anglophobie ».
« Je ne vous recommanderai pas de fonder tous vosespoirs et votre confiance sur cet homme, a-t-il dit aux députés. Il ne fautpas croire qu’à l’heure actuelle notre devoir serait de lui confier lesdestinées de la France, pour autant que cela soit en notre pouvoir… Nous ne l’avonsjamais reconnu comme représentant de la France… Je ne puis croire que de Gaulleincarne la France. »
Qu’opposer à ce réquisitoire de Roosevelt et de Churchill ?
La vague patriotique qui en cette mi-janvier 1943 soulève laFrance se tourne vers de Gaulle.
À Londres, de Gaulle reçoit le socialiste Christian Pineau, d’autresrésistants du mouvement Libération qui arrivent du pays occupé qui tousréclament la constitution d’un Comité national où se regrouperaient lesreprésentants des partis et des mouvements de résistance.
Il écoute. On lui apporte, ce 16 janvier, une longuelettre de Léon Blum qui, de sa prison, insiste pour qu’il mette sur pied un « programmede rassemblement national ». Blum indique qu’il a écrit à Churchill et àRoosevelt : « On sert la France démocratique en aidant le général deGaulle à prendre dès à présent l’attitude d’un chef. »
De Gaulle ferme à demi les yeux.
Il se souvient de ce jour de 1936 où Blum, président duConseil, l’avait reçu, harcelé par les téléphones, impuissant à entreprendre la
