réforme de l’armée. De Blum, acceptant et même se félicitant de Munich. De Blumfavorable, le 16 juin 1940, à la constitution d’un gouvernement Pétain. Etce Blum aujourd’hui, homme honnête, soucieux de l’avenir du pays et apportantson concours à la France Combattante.

De Gaulle, allant et venant dans son bureau, fumantcigarette sur cigarette, médite longuement. Il se sent capable de gagner cettepartie, parce qu’il ne joue que pour la France et en son nom.

Mais il faut être sur ses gardes à chaque instant.

Que veut Eden, le ministre des Affaires étrangères anglais, quile convoque le 17 janvier 1943 à midi au Foreign Office pour une « communicationhautement confidentielle » ?

Eden paraît gêné, lançant des coups d’œil à sir AlexanderCadogan, qui l’assiste, expliquant que le Premier ministre et le PrésidentRoosevelt sont au Maroc depuis quatre jours.

Puis il tend un télégramme de Churchill. De Gaulle lit ensilence.

« Je serais heureux que vous veniez me rejoindre icipar le premier avion disponible – que nous fournirons. J’ai en effet lapossibilité d’organiser un entretien entre vous et Giraud dans des conditionsde discrétion complète… »

De Gaulle regarde Eden. Il ne lui remettra sa réponse qu’aprèsréflexion, dit-il. Qui invite ? Churchill seulement, ou bien le Premierministre et le président des États-Unis ?

Veut-on qu’il soit le « poulain » des Britanniquesparce que Giraud est celui des Américains ? Est-ce ainsi que l’on traitela France ? Dans un territoire sous souveraineté française ?

À 17 heures, il est de retour au Foreign Office. Il lità Eden sa réponse à Churchill.

« Votre message est pour moi assez inattendu… Jerencontrerais volontiers Giraud en territoire français où il le voudra et dèsqu’il le souhaitera… mais l’atmosphère d’un très haut aréopage allié autour deconversations Giraud-de Gaulle et d’autre part les conditions soudaines danslesquelles ces conversations me sont proposées ne me paraissent pas lesmeilleures pour un accord efficace. »



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