Boislambert parle des cheminots, des masses ouvrières qui sesoulèvent contre l’occupant. Giraud hausse les épaules. La Résistance, dit-il, cesont les élites. Puis il évoque les gouverneurs des colonies. Boisson, Noguès, tousces hommes de Vichy dont la collaboration lui paraît indispensable.

À quoi bon poursuivre ?

Dans l’après-midi, Churchill.

Le Premier ministre est tendu.

De Gaulle s’emporte. Il ne serait pas venu, dit-il, s’ilavait vu qu’il serait « encerclé en terre française par des baïonnettesaméricaines ».

« C’est un pays occupé ! s’écrie en françaisChurchill. Si vous m’obstaclerez, je vous liquiderai. »

Puis il se calme, esquisse sa solution au problème français.Un triumvirat, de Gaulle, Giraud et le général Georges que l’on ferait venir deFrance.

Georges ! L’adjoint de Gamelin !

« Pour parler ainsi, répond de Gaulle, il faut que vousperdiez de vue ce qui est arrivé à la France… »

Il écoute silencieusement quand Churchill menace, prétend qu’ilfaut accepter la présence des hommes de Vichy, Noguès, Boisson, Peyrouton, ancienministre de l’intérieur de Vichy, Bergeret. Ils entreraient au Comité national.

« Les Américains les ont maintenant adoptés et veulentqu’on leur fasse confiance », conclut-il.

De Gaulle se lève.

« Je ne suis pas un homme politique qui tâche de faireun cabinet et tâche de trouver une majorité… », dit-il.

« Ce soir, reprend Churchill, vous conférerez avec leprésident des États-Unis et vous verrez que, sur cette question, lui et moisommes solidaires. »

Qu’imaginent-ils ? Qu’il va céder ?

Il apprend que, avant de le recevoir, Roosevelt a donné ungrand dîner en l’honneur du sultan du Maroc et laissé entendre que la France nepourra plus être une grande puissance assumant un protectorat.



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