
Il confie la lettre à Boislambert. Il se sent mieux. Demain,il verra Giraud.
Pénible discussion. Il montre à Giraud la déclaration defidélité à Pétain que celui-ci a signée en 1942.
« C’est vrai, j’avais oublié », dit négligemmentGiraud.
Et pourtant, cet homme est un patriote. Mais il estsatisfait du plan anglo-américain : le triumvirat Giraud, de Gaulle, Georges,où naturellement il jouerait le rôle principal.
De Gaulle dit d’une voix ironique :
« En somme, c’est le Consulat, à la discrétion de l’étranger.Mais Bonaparte obtenait du peuple une approbation pour ainsi dire unanime… »
Il ne signera pas le communiqué que préparent le consulaméricain, Robert Murphy, et l’Anglais MacMillan. Il ne se prêtera pas à cette « combinaison »dictée par l’étranger.
« Mais, dit-il, j’accepterai de revoir le Président etle Premier ministre. »
Dès les premiers mots, le 24 janvier, il mesure lavéhémence de Churchill. Il reste impassible.
