
Et quel destin pour les 100 000 hommes quidemeurent encerclés dans les décombres de la ville ?
Mais la guerre dans le désert est aussi éprouvante. D’ailleurs,rien ne sert de comparer un front à l’autre : chaque défaite à El-Alameinou à Stalingrad affaiblit l’Allemagne, non seulement parce que des positionsont été perdues, des centaines de milliers d’hommes sacrifiés en vain, maisencore parce que les peuples d’Europe ne croient plus à la victoire de l’Allemagne.
On court vers l’autre camp, souvent pour faire oublier la « collaboration »avec le nazisme, pour échapper à la débâcle et au châtiment.
L’année 1942 a été ainsi l’année tournante. Un officieranglais prisonnier, interrogé par Rommel, a d’abord répondu :
« 1942, c’est enfin l’année où le jour se lève. »
Et cela vaut pour tous les théâtres d’opérations : lefront de l’Est d’abord, mais aussi l’Afrique avec le débarquement en Afrique duNord des Américains.
Ce n’est pas encore le second front que réclame Staline àses alliés, mais les Anglo-Américains ont montré qu’ils ont la maîtrise de laMéditerranée et que leurs convois ont réussi à traverser l’Atlantique en dépitdes pertes que leur ont infligées les sous-marins allemands (les U-Boote).
Ils ont aussi la maîtrise du ciel, écrasant sous les bombeslancées par des milliers d’avions les villes allemandes, les sites industrielsou les usines et les voies de communication des pays occupés par les Allemands.
Qui pourrait encore croire avec assurance à la victoire de l’Allemagnesinon ceux qui se sont trop engagés dans la collaboration pour espérer être « blanchis »et ceux qui ont ainsi lié leur destin à celui du fascisme et du nazisme ?
En France, Pierre Laval, revenu au pouvoir à la fin de l’année1942, a fait ce choix en déclarant : « Je souhaite la victoire de l’Allemagneparce que sans elle le bolchevisme demain s’installerait partout. »
