
« Je n'exige d'aucun homme allemand autre chose que ce que j'ai été prêt à faire moi-même de 1914 à 1918, disait-il. Dès maintenant je ne veux plus être autre chose que le premier soldat du Reich allemand. J'ai ainsi repris la tenue qui m'était la plus chère et la plus sacrée. Je ne la quitterai qu'après la victoire ou bien je ne verrai pas cette fin. »
Il a donc dit en 1939 qu'il ne pourra ni affronter ni accepter une défaite.
En janvier 1944, il a la même détermination.
« Je dis en confiance au peuple allemand : où que les Alliés débarquent, ils recevront l'accueil qu'ils méritent !
« L'année 1944 imposera aux Allemands de durs et pénibles efforts. Pendant cette année, cette gigantesque guerre approchera de son moment critique. Nous avons pleine confiance de le surmonter victorieusement. »
La voix du Führer est sourde, voilée, mais ferme. Il conclut : « La Providence donnera la victoire à celui qui en sera le plus digne. »
La victoire de l'Allemagne, Pierre Laval, le chef du gouvernement « français », l'a souhaitée, le 22 juin 1942, et cette déclaration lui colle à la peau comme un signe d'infamie.
Il a misé sur le Führer, et c'est sa vie qui est en jeu.
Le 2 janvier 1944, il réunit 120 présidents de Chambres de métiers. Il a le visage couleur de cendre. Il parle avec une lassitude tranquille, une nonchalance que démentent ce regard mort, ces cernes noirs sous les yeux, cette façon qu'il a de mordiller sa moustache en parlant.
« Je vous dis avec cette tranquillité que j'ai toujours quand j'exprime six mois trop tôt une vérité que les Français acceptent facilement six mois plus tard, que l'armée allemande ne sera pas battue. »
Il n'a pas osé redire : « Je souhaite la victoire de l'Allemagne. »
