Laval change de ton, le 5 janvier, quand il s'adresse aux chefs régionaux et départementaux de la Milice dont le Waffen-SS Joseph Darnand est le chef.

Darnand est assis au premier rang, bras croisés. Il fait partie depuis le 31 décembre 1943 du gouvernement Laval avec les fonctions de Secrétaire général au Maintien de l'ordre.

« La démocratie, commence Laval, c'est l'antichambre du bolchevisme... En 1940, il n'y avait pas d'autre politique à faire que celle qu'a faite le Maréchal, conseillé passionnément par moi... »

Laval tend le bras vers Darnand.

« Je marche en plein accord, dit-il, en total accord avec Darnand. »

Darnand, dans son uniforme noir, se pavane.


Il est le « grand exécuteur du terrorisme d'État » que Pierre Laval met en place pour tenter de briser l'élan de la Résistance.

Darnand est autorisé à créer, en ce mois de janvier 1944, des cours martiales composées de trois membres, habilitées à prononcer des condamnations à mort, immédiatement exécutées.

Laval convoque les intendants de police et leur intime l'ordre d'« obéir en tout à Darnand qui a sa pleine confiance ».

La Milice combat le « terrorisme judéo-bolchevique », elle juge, fusille, opère sur tout le territoire français.

Les miliciens bénéficient de l'impunité.

Bras armé de Laval, ils sont les assassins en uniforme, couverts par leur chef Darnand, secrétaire général, membre du gouvernement et Waffen-SS.


Ils tuent.

Le 10 janvier 1944, des miliciens venus de Lyon, dirigés par leur chef régional - Joseph Lécussan, - accompagnés de policiers allemands, se présentent au domicile « clandestin » de l'ancien président de la Ligue des Droits de l'Homme, Victor Basch, âgé de 80 ans. Les Allemands le jugeant trop vieux pour être arrêté, les miliciens l'abattent ainsi que sa femme âgée de 79 ans !

Lécussan revendique ce double assassinat et le justifie, révélant les obsessions des « ultras » collaborateurs, et la haine qui les habite.



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