
— Et s’il avait eu un cancer ? Un truc inguérissable ? dit Coburn. Un silence de mort tomba sur le bureau. Puis Radford se rua sur un téléphone, où il composa un numéro intérieur.
— Apportez-moi immédiatement le dossier médical de M. Hillman. Dans son bureau, ordonna-t-il. Et dites au docteur Buck de venir aussi. Il raccrocha. Le docteur Buck était le médecin attaché à la C.I.A. Il examinait régulièrement les gens les plus importants, physiquement et psychologiquement. Il faisait également subir les tests aux nouveaux arrivants.
En attendant son arrivée, Radford passa au crible les tiroirs du bureau de Foster Hillman sans rien trouver. On ignorait encore en quoi consistaient les papiers brûlés.
Le docteur James Buck frappa à la porte et entra, un dossier vert à la main. C’était un homme grand et maigre avec des dents proéminentes qui lui donnaient l’air de perpétuellement sourire. Radford lui sauta dessus, littéralement :
— Est-ce que le Patron était malade ?
Le médecin posa le dossier sur un coin du bureau, salua l’assemblée d’un signe de tête et dit :
— Un petit ulcère à l’estomac qui attaquait régulièrement. Il avait eu une crise voilà trois mois.
Le général Radford balaya l’ulcère comme une division ennemie.
— Je ne vous parle pas de ça. Un truc sérieux, mortel. Le docteur Buck secoua la tête.
— Il se portait comme un charme. Je le suis depuis qu’il est ici. Il aurait pu vivre cent ans.
L’autre insista.
— Cela n’aurait pas pu vous échapper ? Avec ces maladies foudroyantes, les leucémies aiguës, je ne sais pas, moi…
Buck, profondément vexé foudroya Radford, en montrant ses dents de lapin géant.
— Foster Hillman a été examiné par mes soins il y a moins d’un mois à l’occasion de son check-up annuel. Je ne connais pas de maladie qui évolue en si peu de temps sans aucun symptôme extérieur, car, je vous le répète, Hillman semblait se porter comme un charme…
