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Devant la porte à la serrure arrachée, deux civils au visage sévère montaient une garde vigilante. Le bureau de Foster Hillman grouillait de monde. Le général Radford, les yeux rouges, un énorme cigare au poing, s’était assis dans le fauteuil du patron de la C.I.A. Les cendres des papiers brûlés par Foster Hillman avaient été rassemblées soigneusement dans un bac en matière plastique posé sur le bureau. La nouvelle du suicide de Foster Hillman s’était répandue comme une traînée de poudre. Radford avait réuni en hâte quelques responsables et prévenu la Maison Blanche ainsi que les Agences Fédérales s’occupant de Renseignements. Certains étaient venus en hélicoptère. Une dizaine d’hommes en costume sombre, les traits tirés, étaient répartis dans la pièce, qui dans les fauteuils de cuir, qui sur la banquette, ou simplement debout. Parmi eux, il y avait James Coburn, Directeur de la N.S.A.

— Enfin, vous n’avez aucune idée de la raison qui a poussé Hillman à commettre ce geste insensé ? demanda-t-il.

Le général Radford lui mit son cigare sous le nez :

— Il est mort depuis deux heures. Comment voulez-vous que nous sachions quelque chose ? Je lui ai parlé une heure avant sa mort. Tout à fait normal. Nous préparions une conférence pour le Pentagone, sur les missiles anti-missiles russes.

— Avait-il l’air énervé ? demanda un général, éminence grise de l’Air Force.

— Pas du tout. Aussi calme que d’habitude.

— Dépression nerveuse ? hasarda un autre général.

Les yeux flamboyants de Radford s’arrêtèrent sur le galonné. Son regard était haineux et son corps bizarrement penché comme s’il était soumis à quelque invisible supplice. Il avait aimé Hillman comme un frère.

— Et pourquoi pas une jaunisse ? fit-il. Il était parfaitement équilibré et adorait son job. Le Président l’avait encore félicité il y a un mois pour ses analyses de la situation au Moyen-Orient.



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