
— Au fond, son suicide en lui-même pourrait être un message, murmura Francis Power. Comme s’il avait voulu nous dire : point final, il n’y a plus de risques, laissez tomber. Cela lui ressemblerait assez. Renversé dans son fauteuil, le général Radford faisait des ronds de fumée avec son cigare.
— Il aurait donc craint quelque chose, fit-il. Et sa mort éliminait le problème…
— C’est une hypothèse séduisante, dit Power, mais Foster Hillman avait quand même toute l’Agence à son service et d’autres moyens que le suicide pour lutter contre une hypothétique menace. En plus, je ne vois pas de quoi on pouvait le menacer.
— Il a pourtant sauté par la fenêtre.
On revenait toujours au même point. Les trois hommes restèrent un long moment silencieux. Quelque chose ne collait pas. Radford semblait complètement désorienté.
— Nous sommes dans le trou, fit-il sombrement. Hillman a pris assez de précautions pour conserver son secret. Lui mort, je ne sais pas qui va nous aider.
— Il faut passer sa vie au crible, grogna Donovan, on finira bien par trouver quelque chose.
— C’est un travail de Pénélope. Nous ne savons même pas ce que nous cherchons. Cela peut prendre des années. Et à mon avis, l’affaire est close. C’est Hillman lui-même qui l’a arrêtée en se suicidant. Souvenez-vous que c’était un excellent analyste. Il a dû étudier son problème et parvenir à la conclusion que c’était la meilleure solution…
— Pas pour lui… murmura Francis Power.
— Peut-être pour lui aussi, dit Radford. C’était un homme, heu… ! Il chercha ses mots, « remarquable ».
