Le téléphone intérieur bourdonna. Radford décrocha. C’était un des gardes du hall :

— Il y a une visite pour M. Hillman, annonça celui-ci, que dois-je faire ?

Radford se pencha en avant :

— Qui est-ce ?

— Il possède une carte verte. Au nom du Prince Malko Linge. Il dit qu’il a rendez-vous avec M. Hillman.

— Faites-le monter.

Radford raccrocha et se tourna vers Donovan :

— Ça, c’est nouveau. Vous connaissez S.A.S. ? Vous savez, l’Autrichien, Son Altesse Sérénissime, le Prince Malko ?

Donovan acquiesça.

— C’est un des agents noirs de la Division des Plans ?

— Exact. Et un des meilleurs. Il travaille un peu en franc-tireur, mais a souvent obtenu des résultats excellents. Un type sûr. Il avait rendez-vous avec Hillman.

— Curieuse coïncidence, remarqua Donovan.

— On va peut-être avoir le fin mot de l’histoire… soupira Francis Power.

— Allez-vous lui dire que Hillman est mort ? demanda Donovan.

— Je pense que oui, dit Radford. C’est un risque à prendre.

On frappa à la porte. Les ascenseurs ultra-rapides ne mettaient que quelques secondes à parcourir les dix-sept étages.

— Entrez, crièrent en même temps Radford et Donovan.

Malko ne parut pas outre mesure surpris de les voir. Il connaissait déjà le Général et Francis Power ; il se présenta à Donovan. Ce dernier fut agréablement frappé par son air distingué et ses extraordinaires yeux dorés, sans cesse en mouvement. Lorsqu’ils se posaient sur vous, on avait l’impression de recevoir une coulée d’or liquide. Il était vêtu d’un complet d’alpaga bleu nuit, impeccablement coupé. Une plaisanterie de quatre cents dollars, pensa Donovan. Avec les chaussures et la chemise on arrivait à cinq cents. Les agents « noirs » ne s’ennuyaient pas. Pas étonnant que le Congrès hurle à la mort chaque fois qu’on parlait du budget de la C.I.A.

— Attendez-vous aussi Foster Hillman ? demanda Malko d’un ton très naturel. Je vous prie de m’excuser, je suis un peu en retard, il y avait une circulation terrible sur le Mémorial Parkway.



18 из 192