— Je ne peux pas vous le dire. Il s’agissait d’une question absolument confidentielle concernant le service et seul Foster Hillman aurait pu me donner l’autorisation d’en parler. J’ignore qui a le droit d’être au courant.

Le général Radford sembla favorablement impressionné par cette discrétion. Ce S.A.S. n’était pas si indiscipliné, après tout.

— Est-ce que cela peut avoir un rapport avec votre convocation présente ? demanda-t-il.

Malko secoua la tête.

— Je ne pense pas. Cette affaire avait été réglée définitivement.

— Et avez-vous une idée de la raison pour laquelle Hillman a fait directement appel à vous au lieu de passer par la voie hiérarchique ?

— Pas la moindre. Je pense maintenant qu’il a eu besoin de quelqu’un qu’il connût personnellement pour une mission à laquelle il tenait particulièrement.

Il y eut un silence pesant. Visiblement, les trois hommes hésitaient à croire Malko. Il en profita pour contre-attaquer. À cause de Hillman, il se trouvait dans une position assez délicate.

— Vous ne soupçonnez quand même pas Foster Hillman d’avoir trahi ? demanda-t-il doucement.

Radford leva sur lui des yeux injectés de sang et répondit lentement :

— C’est la question que beaucoup de gens vont se poser ces jours-ci. Et à laquelle nous devons répondre. Pouvez-vous nous y aider ? Malko dit prudemment :

— Je ne sais rien de cette affaire. Il semble que Foster Hillman ait eu un problème, et a fait appel à moi, Dieu sait pourquoi. Entre-temps, la situation a évolué de telle façon qu’il s’est suicidé…

— Vous ne voyez vraiment aucun lien entre cette mort et votre rendez-vous ? insista Donovan.

Malko plongea ses yeux dorés dans les yeux bleus du chef de la Sécurité et fit sèchement :

— Aucun.

De nouveau, un lourd silence plana dans le bureau. L’immeuble entier était maintenant au courant du drame mais, à part le corps de Foster Hillman dans son bac à glace au sous-sol et la réunion des quatre hommes, rien ne transpirait. Malko se leva.



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