
— Messieurs, dit-il, mon rendez-vous n’a plus de raison d’être. Aussi vous demanderai-je l’autorisation de me retirer… Je reste à votre disposition, vous savez où me trouver.
Donovan et Radford échangèrent un regard gêné. Puis Radford fit :
— Avant de partir, voulez-vous avoir l’obligeance d’attendre quelques instants dans le couloir ? J’aurai peut-être besoin de m’entretenir avec vous à nouveau.
Malko aimait de moins en moins la tournure que prenaient les événements. Il aurait donné cher pour que Foster Hillman n’ait pas sauté avant son arrivée. Maintenant, la moindre erreur le transformerait en suspect numéro un. Il mourait d’envie de les envoyer promener mais, néanmoins, il s’inclina et sortit faire les cent pas dans le couloir sous le regard impassible des deux gardes.
— Qu’en pensez-vous ? demanda Radford dès que Malko eut refermé la porte blindée.
Donovan eut un geste évasif.
— S.A.S. travaille avec nous depuis longtemps. Il a un bon dossier. Et je ne vois pas quel serait son intérêt dans cette histoire.
— À moins que ce soit sa conversation avec Hillman qui ait déclenché le suicide de ce dernier…
— Ce n’est pas la première fois qu’on nous retournerait un agent, souligna Donovan. Même un homme considéré comme sûr. Il y a tant de ressorts à faire jouer dans un être humain. Radford avait allumé un nouveau cigare. Il regardait par la fenêtre. Brusquement, il sortit de son mutisme pour dire :
— Plus que jamais je pense qu’il faut dissimuler au public la mort pendant un certain temps.
Donovan secoua la tête :
— Pour cela nous avons besoin de l’autorisation du Président. Radford balaya l’objection.
— Est-ce possible à l’intérieur de l’Agence ?
L’homme du Renseignement réfléchit quelques instants avant de dire :
