— En avertissant tout notre personnel, je pense que nous pouvons limiter les fuites à quelques bavardages mondains. Évidemment, des Services étrangers peuvent l’apprendre, mais, si nous faisons attention, ils ne pourront avoir de confirmation durant, disons, au moins une semaine. Toujours si le Président est d’accord.

Radford hocha la tête, satisfait :

— Cela pourrait aller.

— Mais où voulez-vous en venir ? Radford pointa son cigare sur lui :

— À ceci. Foster Hillman a choisi de mourir. Sans laisser aucun indice. Il semble donc que sa mort elle-même nous prive de tout espoir de tirer cette histoire au clair. Par contre, si on ignore que Hillman est mort, il se produira peut-être quelque chose.

— C’est astucieux, approuva Donovan. Mais en admettant que quelqu’un veuille contacter Hillman, il se rendra compte tout de suite qu’il n’a pas affaire à lui.

Radford se permit un sourire, un peu crispé.

— Non. Avez-vous entendu parler des hologrammes ?

— Vaguement, mais j’ignore ce que c’est exactement, fit Donovan.

— C’est un petit gadget électronique mis au point pour la Division des Plans. Une combinaison de magnétophone et d’ordinateur. Convenablement « nourri » il imite la voix de n’importe qui… Je vous signale que les Russes ont la même chose. C’est la raison pour laquelle nous avons dû interdire aux équipages du Stratégie Air Command d’obéir à la voix du Président des U.S.A. en cas de conflit.

— Dites-moi, vous vous éloignez du sujet.

Radford secoua la tête :

— Pas du tout. Nous allons mettre dans ce bureau un agent avec un hologramme. Foster Hillman a laissé assez d’enregistrements de sa voix pour que nous puissions le nourrir. Pour tout le monde, il sera Foster Hillman. Bien entendu les communications téléphoniques seront filtrées et ne lui parviendront que celles pouvant avoir un rapport avec ce que nous cherchons. Après, ce sera à nous de jouer, dès que nous aurons une piste.



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