— Et qui va être l’agent ? demanda Donovan.

— Son Altesse Sérénissime le Prince Malko, fit Radford en détachant le mot. De cette façon, nous faisons d’une pierre deux coups. S’il est pour quelque chose dans cette histoire il va se trouver dans une situation difficile.

Donovan et Power n’avaient pas l’air enchanté mais ils n’eurent pas le temps d’élever leurs objections : la sonnerie d’un des trois téléphones posés sur le bureau venait de retentir. Ce n’était pas une sonnerie stridente, mais bien distincte. Une sonnerie ininterrompue et persistante.

C’était le téléphone relié à la Maison Blanche.

Aucun des hommes présents ne l’avait jamais entendu.

Le général Radford décrocha, écouta quelques instants, le visage figé, écarta le combiné de son visage et dit :

— Le Président veut me parler. Au sujet de la mort de Foster Hillman. De la main gauche, il brancha le système de haut-parleurs diffusant dans le bureau la conversation et attendit.

Il y eut quelques craquements et la voix du Président, avec son accent traînant du Sud, parvint :

— Savez-vous ce qui est arrivé à Foster Hillman ?

— Non, Monsieur le Président, nous ne le savons pas, répondit le général Radford. Il y a une faible chance pour qu’il s’agisse d’une brusque crise de dépression.

— A-t-il eu jamais de semblable crise ? demanda sèchement le Président.

— Non, Monsieur le Président, mais…

— Éliminons donc cette possibilité, dit le Président. Avez-vous une autre idée ?

La voix résonnait étrangement dans la pièce. Francis Power et Ned Donovan ne quittaient pas des yeux le combiné. Radford essuya son front de sa main libre. Il aurait donné dix étoiles pour être ailleurs.

— Je n’ai pas d’idée pour le moment, répondit-il. Foster Hillman a détruit son dossier personnel avant de se suicider et nous devons procéder avec beaucoup de prudence.



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