
À l’autre bout du fil, il y eut comme un soupir.
— Bon, dit le Président, résumons-nous. Pour une raison que nous ignorons, Foster Hillman s’est donné la mort. Il est possible que cette mort ait un rapport avec des questions de Sécurité. Que comptez-vous faire, général Radford ?
— J’ai un plan, Monsieur le Président, dit faiblement Radford, mais je ne…
— Quel est votre plan ?
Radford expliqua le plus clairement possible son idée et conclut :
— Il faut que j’aie l’autorisation de garder secrète la mort de M. Hillman.
Il y eut un long silence, puis le Président reprit :
— Qui donne cet ordre, Général ?
— Vous, Monsieur le Président, dit le général Radford.
— Général, déclara le Président sans un instant d’hésitation, faites tout ce que vous jugerez utile pour tirer au clair la mort de Foster Hillman. Jusqu’à nouvel ordre, la nouvelle de son suicide restera secrète. Bonne chance. J’aimerais des résultats rapides.
Donovan et Francis Power entendirent le déclic du Président qui raccrochait. Radford reposa le récepteur à son tour. Il avait l’air un peu moins tendu. Sans rien dire, il se leva, ouvrit la porte et fit un signe à Malko plongé dans la lecture des consignes de sécurité. Dès que ce dernier fut dans la pièce, Radford le prit par le coude et lui dit :
— S.A.S., vous allez travailler avec nous à élucider le mystère de la mort du patron. À partir de maintenant, vous vous appelez Foster Hillman.
Comme Malko le regardait avec stupéfaction, il entreprit de lui expliquer son plan, sans omettre de lui parler de la mystérieuse communication qui avait donné l’alerte. Il fallut plusieurs minutes à Malko pour faire le tour de la situation. Il n’avait pas le choix : refuser cette mission eût confirmé les autres dans leurs soupçons.
— J’espère qu’il se passera quelque chose, se contenta-t-il de dire. Foster Hillman m’a sauvé la vie il y a deux ans. J’aimerais lui rendre cela, même s’il n’en profite pas.
