Il n’y avait plus qu’à gagner les 10.000 dollars. Parce que Son Altesse Sérénissime devait garnir sa cassette à la sueur de son front, ou plutôt de sa matière grise.

Sans la C.I.A., son château serait encore un tas de ruines. Malko y engloutissait les sommes coquettes versées par le Trésor américain, pour ses nombreuses missions. C’était son seul but dans la vie. Le château terminé, il quitterait les Services Secrets, se marierait et vivrait paisiblement.

Il se renversa en arrière dans le fauteuil de feu Foster Hillman. En une fraction de seconde, le château était loin et la réalité beaucoup moins drôle.

Le bureau de Foster Hillman était sinistre. On avait vidé tous les tiroirs du bureau de leur contenu confidentiel et des objets personnels de Hillman. Malko avait l’impression de jouer un personnage de Kafka. Il était donc enfermé dans ce bureau sans avoir le droit d’en sortir, sans savoir ce qu’il y attendait, sans que personne sache qui il était. Deux fois par jour, un garde, qui n’avait pas l’autorisation de lui adresser la parole, lui montait un plateau de la Cafétéria. La veille, Donovan et David Wise, son patron de la Division des Plans, étaient venus bavarder un peu avec lui. Ils avaient assisté au réglage de l’hologramme, nourri des voix de Malko et de Hillman. C’était fascinant : Malko avait appelé plusieurs personnes non prévenues, à Washington et dans l’Agence. Un fonctionnaire de la C.I.A. qui était, lui, au courant du suicide, en bégayait encore. Cette grosse boîte noire posée sur le bureau était le meilleur élément du piège. Mais pour attraper quoi et qui ? Quarante-huit heures après la mort de Foster Hillman, on n’avait pas avancé d’un pas. La perquisition au domicile du patron de la C.I.A. n’avait rien donné. L’examen de son compte en banque par les services financiers du F.B.I., sous prétexte d’un contrôle de routine, non plus. Foster Hillman n’avait que des rentrées d’argent sans mystère.



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