Quant à sa vie privée, c’était pareil. Des enquêteurs de Ned Donovan avaient cherché un peu partout, dans les archives des journaux et des autres agences fédérales, sans rien trouver. Foster Hillman était un homme qui avait horreur de la publicité. Lorsqu’il avait pris la direction de la C.I.A., sept ans plus tôt, il avait discrètement fait détruire tous les articles se rapportant à lui. Les autres pièces se trouvaient dans le dossier brûlé par ses soins, quelques instants avant sa mort.

Bien sûr, il comptait quelques amis intimes, mais la C.I.A. était paralysée : officiellement il n’était pas mort.

« Tout se tient, pensa Malko, et je suis bon pour vieillir dans ce bureau. »

Deux des trois téléphones étaient débranchés. Seule la ligne directe, reliée à l’hologramme, fonctionnait ; mais un standard, dans le service de Donovan, filtrait les communications, coupant immédiatement celles qui ne pouvaient avoir de rapport avec l’affaire : Malko n’avait pas à connaître les secrets de la C.I.A.

Provisoirement, le général Radford assurait la direction de l’Agence. Il était le seul, avec Donovan, David Wise et le Président, à connaître le rôle de Malko.

Celui-ci se sentait tout doucettement devenir fou. Il avait déjà passé deux nuits sur la banquette transformée en lit de camp. Donovan avait pensé à mettre un autre agent au domicile de Hillman, puis y avait renoncé. Au contraire, l’absence soudaine du chef de la C.I.A. pouvait déclencher quelque chose.

Dans son fauteuil confortable, Malko songeait à l’étrange destin de Foster Hillman. Quel drame avait pu pousser le chef du Gouvernement Invisible des U.S.A., l’homme le plus insoupçonnable du monde, à sauter par la fenêtre, un beau jour d’été ?



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