Il était si absorbé par ses pensées qu’il ne comprit pas tout de suite que le téléphone sonnait. Depuis déjà plusieurs secondes. Pour la première fois en deux jours.

C’était tellement inattendu que Malko, engourdi, regarda l’appareil sans réagir. Puis son cœur fit un saut dans sa poitrine : si Donovan n’avait pas filtré cette communication, c’est que… Il décrocha.

— Allô ?

— Hillman ?

Malko avait bien appris sa leçon :

— Qui voulez-vous que ce soit ? fit-il d’un ton rogomme. Mais il n’en revenait pas : la voix était celle d’une femme, basse et rauque avec un curieux accent chantant que Malko connaissait, sans pouvoir l’identifier.

— Vous n’êtes pas venu au rendez-vous, fit la voix ignorant la question. C’était pourtant le dernier délai…

Malko, depuis deux jours, se répétait mentalement ce qu’il devait répondre.

— Je n’ai pas pu, dit-il. Une conférence importante avec le Président. Malgré lui, son cœur battait à se rompre. La voix qu’il écoutait avait poussé Foster Hillman à la mort. Quel secret détenait-elle ? Et une femme ! Cela semblait fantastique. Pourvu qu’elle ne reconnaisse pas sa voix !

— Cela ne me regarde pas, répliqua méchamment la femme. Vous viendrez ce soir. Avec tous les renseignements qu’on vous a demandés. Sinon, demain, ce sera trop tard. Compris ?

Il sentit qu’elle allait raccrocher. L’hologramme fonctionnait à merveille. Il était Foster Hillman.

— À quelle heure ? fit-il, un peu affolé quand même.

— Même heure, même endroit.

Il n’avait qu’une fraction de seconde pour réfléchir.

— Je préférerais changer d’endroit, dit Malko hâtivement. C’est plus sûr.

— Pourquoi ?

Il y avait déjà un soupçon dans la voix de la femme.



28 из 192