
— Foster Hillman n’a pas pu venir, dit Malko à voix basse. Je suis chargé de vous conduire à lui.
Les yeux noirs devinrent immenses. Une lueur de panique passa dans ses yeux. Elle recula brusquement et fit sèchement :
— Je ne sais pas ce que vous voulez dire. Laissez-moi.
Déjà Malko ne voyait plus d’elle qu’une croupe ronde ondulant au rythme de son pas rapide. Elle remontait vers Broadway. S’il la laissait filer, elle se perdrait dans la foule avant cinq minutes. Elle pouvait grimper dans un taxi, peut-être une voiture l’attendait-elle… Et maintenant, il en était sûr : c’était la voix qui avait parlé au téléphone, le fil conducteur.
Au moment où Malko démarrait, Chris et Milton arrivaient essoufflés.
— Qu’est-ce qui se passe ?
La femme qui court là-bas, montra Malko. C’est elle que nous cherchons. Vite.
Il n’avait pas le temps de prévenir les agents du F.B.I. Mais Chris Jones l’avait déjà doublé. Sa haute silhouette se faufilait à travers la foule dense, poussant, heurtant, bousculant. Il perdit son chapeau dans un choc, mais ne s’arrêta pas.
La femme avait près de cent mètres d’avance. Les trois hommes ne gagnaient pas de terrain. Soudain, Malko vit au bout du poing droit de Chris un petit Colt cobra nickelé.
— Chris, ne tirez pas ! hurla-t-il.
Des passants se retournèrent. Une femme trop fardée vit l’arme de Chris et poussa un cri perçant.
— C’est un hold-up, glapit-elle. La police, appelez la police…
Un gros type tenta de ceinturer Chris qui lui envoya aimablement son genou dans le ventre.
