
Elle se trouvait aux U.S.A. depuis une dizaine de jours comme en faisait foi son passeport, venant de Suisse. Un point, c’est tout. Il aurait fallu des semaines d’enquête pour percer ce qu’il y avait derrière les apparences : une riche oisive, fréquentant la café-society, voyageant beaucoup. Ce n’était pourtant pas par snobisme qu’elle avait abattu froidement un policier qui voulait l’arrêter. À moins que ce ne soit la coutume dans son pays…
Trois jours s’étaient écoulés depuis sa mort. Trois jours d’angoisse pour le général Radford et Malko, qui passait toujours ses journées dans le bureau de Foster Hillman et ses nuits dans l’appartement de ce dernier. Rien ne s’était passé. Pas le moindre signe de vie. Et la « disparition » de Foster Hillman commençait à poser de sérieux problèmes. Le Président avait donné à Radford une semaine de délai avant de rendre son décès public. Mais, déjà, d’étranges rumeurs couraient dans les hautes sphères de Washington.
Le petit paquet reçu le matin représentait très probablement la réponse à la mort de la Princesse Riahi.
— Ouvrez-le, ordonna le général Radford.
Comme personne ne bougeait, Radford prit la boîte dans ses mains énormes et poussa sur le couvercle.
Un objet étrange apparut : une sorte de bout de bois enveloppé de plastique blanc.
Radford déroula le plastique si vite que l’objet tomba sur la table et faillit rouler par terre. Un des laborantins qui avait déjà avancé la main pour le retenir, arrêta son geste, horrifié.
C’était un auriculaire de femme, avec un ongle encore fait, sectionné à la racine de la troisième phalange. La peau était livide, avec un reflet verdâtre, dû sans doute à une piqûre de liquide d’embaumement.
— Mon Dieu ! fit Radford.
Malko sentit un picotement désagréable le long de sa colonne vertébrale.
