Sécurité 1 à contrôle Vert et Marron : Attention, ici, Sécurité 1. Le patron a eu un malaise dans son bureau. Il s’est enfermé et ne répond plus.


* * *

Foster Hillman était soudain devenu d’une pâleur de spectre. Ses yeux roulaient légèrement dans leurs orbites. Sa gorge se crispa comme si ses muscles échappaient soudain à son contrôle. C’était l’attitude d’un homme qui sanglotait, mais aucun son ne sortit des lèvres du chef de la C.I.A. Il secoua la tête.

Sa main se tendit vers le récepteur du téléphone, puis, alors qu’il n’en était plus qu’à deux centimètres, s’immobilisa. Tout son corps parut se figer, se pétrifier, il ne tremblait pas, il ne disait pas un mot, il était simplement crispé dans une attitude qui dissimulait une émotion d’une agonisante intensité. La sonnerie continuait.

La main de Foster Hillman atteignit le récepteur et le décrocha brusquement.

Il serrait l’ébonite si fort que ses jointures blanchirent.

— Ici, Foster Hillman, dit-il d’une voix à peine audible.

À l’autre bout de fil, la voix commença à parler, comme elle l’avait déjà fait, lentement et distinctement, avec un léger accent. Chaque mot s’enfonçait dans le cerveau de Foster Hillman comme une langue de feu. Il essayait de réfléchir en écoutant, mais n’y parvenait pas. Pourtant, ce n’était pas un homme émotif.

Ceux qui ne l’aimaient pas beaucoup à Washington disaient qu’il était tellement froid que la température baissait de plusieurs degrés quand il entrait dans une pièce. C’était un analyste distingué à l’esprit clair et méthodique, dont les jugements et les conseils étaient écoutés du Président des U.S.A. régulièrement. On disait au Pentagone « sage comme Foster Hillman ».

Il sursauta. La voix dans le récepteur se faisait plus pressante, menaçante. Il dut chercher ses mots pour dire :



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