
Archibald laisse échapper une petite larme qui roule doucement sur sa joue. Comme il aimerait pouvoir remonter ce temps qui lui file entre les doigts et retrouver cette belle époque où le bonheur s'amoncelait aux quatre coins de la maison ! Mais le temps est comme une image qui vole au vent et que jamais on ne rattrape.
Archibald pousse un profond soupir et pose délicatement la photo sur la commode. Le rire s'est dissipé, mais il entend à présent un autre bruit étrange venant des graviers qui recouvrent la cour devant la maison. Un bruit vraiment bizarre, un mélange de sons. Impossible de déterminer s'il s'agit d'un chien haletant, d'une voiture avec un pneu crevé ou d'un tuyau de radiateur qui se vidange. A moins qu'il ne s'agisse d'un chien qui vidange le radiateur d'une voiture au pneu crevé.
Archibald décide d'en avoir le cœur net et ouvre la porte d'entrée. Il aperçoit Armand, décomposé, qui traverse le jardin en se dirigeant vers lui. Il souffle comme un chien, fume comme un radiateur et boite autant qu'une voiture sur trois roues. Archibald n'avait donc pas tout à fait tort.
Armand n'a même pas la force d'aller jusqu'à la maison et s'écroule sur le premier banc qu'il croise sous la véranda. Archibald s'inquiète aussitôt, mais c'est vrai qu'il y a de quoi quand on voit l'état de décomposition avancée de son pauvre gendre. Il aurait fait une partie de cricket contre une équipe d'éléphants qu'il aurait terminé plus en forme.
