
- Mais que diable vous est-il arrivé, mon brave Armand ?! demande le grand-père en osant à peine lui mettre la main sur l'épaule.
Le pauvre homme secoue la tête, comme s'il était d'accord avec la réponse d'Archibald, qui n'a fait que poser une question.
- Oui... c'est ça !! fait Armand, encore traumatisé par ce qu'il a vu.
- Oui, c'est ça... quoi ? articule le grand-père, comme il le ferait pour un enfant qui ne parlerait pas notre langue.
-... Le diable... j'ai vu le diable ! dit-il, le visage tout convulsé et les yeux déjà en orbite lointaine.
Archibald n'a besoin d'aucune autre explication. Il ne connaît qu'une seule chose sur terre qui corresponde à cette description : Maltazard.
Le grand-père soupire et s'assied à son tour sur le banc. Il est vrai que ces deux mauvaises nouvelles d'un coup ont de quoi assommer le vieil homme. La première nouvelle, c'est que M le maudit est définitivement parmi eux et qu'il y a peu de chances qu'il soit venu pour faire du shopping. La deuxième concerne Arthur et découle de la première. Si Maltazard a utilisé le rayon du passeur, le jeune Arthur est donc coincé dans le monde des Minimoys, compressé dans un corps de deux millimètres dont il lui sera impossible de sortir.
Un frisson parcourt Archibald, pourtant ce n'est pas la chaleureuse brise d'été qui le fait frissonner, mais une pensée glaciale, froide comme la nuit, une pensée qu'il ne peut pas chasser, une équation qu'il est incapable de résoudre : comment venir en aide à Arthur ?
Chapitre 2
C'est amusant car Arthur aussi est assis sur un banc, tout comme Archibald. Et quand l'un est à côté d'Armand, l'autre est à côté de Bétamèche. La seule différence entre eux, c'est que le banc d'Arthur ne mesure que quelques millimètres. Il s'agit en réalité d'un petit morceau d'allumette. Ce banc public est bien connu des Minimoys. Il sert souvent de point de rencontre car il est fort bien placé. Il est sur le côté de la grande place du village, dans l'axe de l'avenue qui mène à la porte nord, la fameuse entrée par laquelle tous les grands voyages se doivent de débuter.
