
Arthur et Bétamèche ont l'air aussi déprimés qu'Archibald et Armand. On le serait à moins ! Le passage de Maltazard a évidemment traumatisé tout le monde au village et Bétamèche en tremble encore. Arthur soupire en repensant à Sélénia, une lame sous la gorge, prisonnière des griffes de Maltazard. Par chance, cette horrible histoire s'était bien terminée. Sélénia s'en était sortie avec une petite coupure à la gorge, le roi avec une bonne humiliation passagère et le peuple avec une grosse frayeur.
Mais ces rassurants souvenirs ne règlent en aucune façon les problèmes présents. Comment Arthur pourra-t-il retrouver sa taille normale et surtout qui va bien pouvoir empêcher Maltazard d'accomplir son terrible dessein ? Les réponses ne viennent pas et cela fait bientôt une heure que nos deux compères soupirent à tour de rôle sur leur bout d'allumette.
- Il est confortable ce banc, hein ? finit par lâcher Bétamèche, histoire de rompre le silence.
Arthur le regarde, on dirait une vache devant un bulletin de vote. Comment peut-il parler de confort dans un moment pareil, surtout en mentionnant ce morceau d'allumette aussi dur qu'un bout de granit.
- Tu devrais essayer les canapés de mamie, tu saurais alors ce que le mot confort veut dire, rétorque Arthur. Ils sont tellement Moelleux que mon grand-père est incapable de s'asseoir dedans sans s'endormir dans la minute.
- C'est exactement ce qu'il me faudrait pour mon salon, répond Bétamèche avec un sourire gourmand.
Mais le simple fait d'évoquer sa maison a rendu notre ami Arthur tout chose. Il a rêvé pendant des mois devant son livre, implorant le ciel toutes les nuits pour avoir le privilège, un jour, de rejoindre ce monde merveilleux des Minimoys et maintenant qu'il y est pour de bon, il se rend compte à quel point lui manque tout son monde à lui.
