
Lorsque j’ai fini de morfiler, les conséquences de ma cuite sont complètement dissipées et je me sens en pleine forme.
Je vais dans un garage et je loue une voiture pour deux jours : une chouette Porsche couleur d’aluminium… Une idée commence à poindre dans mon cassis. Je suis vraiment l’homme qui remplace la cire à cacheter, croyez-moi. Lorsque je pars sur le sentier de la guerre, j’en profite pour élaguer les haies. C’est ce qui fait ma valeur. Pourquoi ai-je réussi dans ce sacré turbin ? Uniquement parce que j’ai du cran, des idées et une précision de montre ! (Au quatrième « top », il sera exactement l’heure d’aller boire un glass.)
Au volant de ma guinde, je retourne à l’aéroport, histoire de bien m’imprégner du parcours. Je me dis qu’il y a aussi une possibilité pour que Vlefta regagne le centre-ville par le car de l’aéroport ! Alors là, ce serait la supertuile !
Je reviens du terrain d’aviation en roulant à faible allure.
J’arrive à un carrefour et je me dis que c’est le coin idéal pour l’accomplissement de ma mission. Je m’arrête afin d’examiner les lieux en détail… Oui. C’est ce qu’il me faut !
Je gamberge un petit bout de moment et je retourne à mon hôtel après avoir laissé la Porsche à un parking. Ensuite, je vais m’acheter des lunettes à verres filtrants qui modifient un peu ma physionomie. Je fais l’emplette d’un imperméable blanc et d’un chapeau de feutre taupé verdâtre agrémenté d’une plume de faisan. Avec ça, je n’ai pas l’air d’un moulin à vent, mais je n’ai pas l’air d’un con non plus. Plutôt touriste allemand.
Je me rends à pinces dans une seconde agence de location de bagnoles et je loue une grosse charrette. C’est une vieille Mercedes au châssis costaud… Je vais la ranger près de la première. Tout ça fait partie de mon plan.
Maintenant, il ne me reste plus qu’à terminer la journée le plus commodément possible. Et croyez-moi, une journée à Berne, quand on est seul, c’est plus dur à buter que n’importe quel Vlefta.
