Je cramponne mon hôtesse par la taille qu’elle a fine et souple. Ma main libre fait l’inventaire de son corsage. C’est pas du Michelin ! Il contient tout ce qu’il faut pour empêcher ma conquête de bien tirer à l’arc.

— Comment vous appelez-vous, jolie madame ?

— Gretta !

— C’est merveilleux. Tous les prénoms en « a » sont mystérieux, parole d’homme !

— Vous trouvez ?

— Oui.

— Et vous, comment vous appelez-vous ?

— Norbert !

Je balance cette vanne au juger, estimant que c’est le genre de blaze qui doit la faire se pâmer. Ça biche…

Elle me tend sa bouche. Ses lèvres sont froides et fermes.

Je les réchauffe de mon mieux, les pauvres. Je pousse sournoisement la nana en direction du sofa. Elle entrave la manœuvre et proteste.

— Non ! Non ! Pas tout de suite ! Pas comme ça !

Comment faut-il lui servir ça, alors ? En hélicoptère avec les deux pieds dans une soupière et un cor de chasse dans la main ? J’aime pas tellement les compliquées. Parlez-moi d’une bonne petite travailleuse qui se met au boulot avec la volonté (j’allais dire inébranlable) de s’en payer une tranche et de ne pas publier le bonhomme dans ses prières !

Elle se coule hors de mes bras.

— Je vais préparer le thé…

— Oh ! Vous savez, je ne suis pas absolument porté sur l’eau chaude…

— Alors, que voulez-vous prendre ?

Mon regard lui apporte une réponse éloquente. Elle est toute confusionnée.

— Mais vous êtes un petit polisson !

Ce que les grognaces sont tartes quand elles s’y mettent ! Un petit polisson, moi ! Je vous demande un peu ! Elle a de l’imagination, Gretta !

— Un scotch ?



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