
Je suis donc à la tête de multiples objets qui peuvent faire évoluer la situation en ma faveur… Si au moins un gnard avait la good idée de se la ramener pour me délivrer le permis d’inhumer ! Je lui sauterais sur le haricot et ça me donnerait la clé des champs sur fond d’azur ! Mais va-te-faire-lanlaire !
Un silence épais comme un compte rendu de la Chambre plane sur la maison. Je suis englouti au fond d’un puits…
Je m’approche de la lourde et je gratte plusieurs allumettes pour essayer de localiser l’endroit où se trouve le verrou. Je finis par le repérer. Je biche mon couteau et je me mets à racler le ciment à ce point de l’encadrement. Ça s’effrite un peu, mais je ne parviens qu’à creuser un petit trou entre deux pierres… Un trou ? Non ! Un alvéole plutôt.
Il suffit à mon projet. Je vide mon chargeur de rechange pour en récupérer les balles. Puis, avec mon couteau, j’écarte les douilles pour extraire les balles proprement dites.
Lorsque cette opération est terminée, je dispose de six petits récipients de cuivre bourrés de poudre. Je dévisse mon stylo, sors la cartouche d’encre et emplis le corps de l’objet avec les six doses de poudre. Je déchire une petite bande de toile à mon mouchoir. Je la tords et prends l’extrémité dans le stylo plein de poudre que je revisse. Ensuite j’introduis le stylo dans l’avéole que je viens de creuser. J’allume l’autre bout du mouchoir et je vois que ça s’enflamme illico. Je n’ai que le temps de me plaquer contre le mur, à gauche de la lourde. Il se fait une explosion carabinée. Une sale odeur de poudre et de brûlé se répand dans la cave. Je m’aventure devant la lourde et j’ai le plaisir de constater que l’explosion a lézardé un gros morceau du montant de ciment… Je pèse sur la porte. Elle reste close, pourtant je la sens frémir. Un nouveau coup d’épaule plus puissant et la porte remue nettement. Les boucles emprisonnant le verrou s’arrachent du mur sous ma poussée… Il n’est que de continuer cet exercice… Chaque fois, j’ai la satisfaction de sentir céder la porte… Au huitième coup de boutoir, le gars San-Antonio va valdinguer dans les décors, c’est-à-dire dans un couloir obscur.
