C’est ce risque qui incite Robespierre à condamner lespillards qui envahissent les épiceries :

« Le peuple doit se lever non pour recueillir du sucremais pour terrasser les brigands, dit-il… De chétives marchandisesdoivent-elles l’occuper ?… Nos adversaires veulent effrayer tout ce qui aquelque propriété… Le peuple de Paris sait foudroyer les tyrans mais il nevisite point les épiciers… »

Mais de l’autre côté il y a les Enragés, quienvahissent la Convention, exigent le châtiment des « ennemis », des « conspirateurs »,des « accapareurs » qui affament le peuple.

Il y a l’abbé Roux, l’Enragé, qui déclare :

« Je pense que les épiciers n’ont fait que restituer aupeuple ce qu’ils lui faisaient payer beaucoup trop cher depuis longtemps. »

Et qui, après les heures de pillage, ajoute :

« La journée eût été plus belle encore s’il y avait euquelques têtes coupées. »

La situation, dans ces journées de la fin février 1793 etdes dix premiers jours du mois de mars, est donc grave.

À l’intérieur du pays, les pillages, la crainte du complot.

Sur les frontières, les assauts des Autrichiens, les succèsde la première coalition contre la France.

La République avait annexé Nice, Monaco, et Danton dans uneenvolée avait réclamé la réunion de la Belgique, soulevant l’enthousiasme de laConvention :

« Je dis que c’est en vain qu’on veut faire craindre dedonner trop d’étendue à la République. Ses limites sont marquées par la nature.Nous les atteindrons toutes, des autres coins de l’horizon, du côté du Rhin, ducôté de l’Océan, du côté des Alpes. Là doivent finir les bornes de notre République,et nulle puissance humaine ne pourra nous empêcher de les atteindre. »

Et, brandissant les poings, Danton a ajouté :



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