
« Nous venons sans crainte de vous déplaire jeter lalumière sur vos erreurs et vous montrer la vérité », lance un sans-culotteaux députés.
Puis, inspiré par l’abbé Jacques Roux, par Varlet, par lesEnragés, l’orateur des sections répète :
« Citoyens législateurs, ce n’est pas assez d’avoirdéclaré que nous sommes républicains français, il faut encore que le peuplesoit heureux, il faut qu’il ait du pain, car où il n’y a pas de pain, il n’y aplus de loi, plus de liberté, plus de république. »
Danton intervient, veut éviter l’affrontement entre ceux quipossèdent et ceux qui sont démunis, tous patriotes, tous républicains !
« Que les propriétaires ne s’alarment pas, dit-il. Lanation toujours juste respectera les propriétés. Respectez la misère et lamisère respectera l’opulence ! Ne soyons jamais coupables envers lemalheureux et le malheureux qui a plus d’âme que le riche ne sera jamaiscoupable ! »
La Convention l’acclame. Les députés votent l’abolition dela contrainte par corps.
Mais le soir, les femmes aux premiers rangs des manifestantsenvahissent les tribunes des Jacobins, stigmatisent cette « société pleined’accapareurs », ovationnent les noms des Enragés, Jacques Roux, Varlet.
La hausse des denrées, la peur de l’étranger, de ces troupesautrichiennes qui ont réoccupé Aix-la-Chapelle et Liège, la crainte d’uncomplot aristocratique, se nouent pour accroître la tension.
On pille. On saccage les imprimeries des journaux girondins,dans la nuit du 9 au 10 mars, les Enragés tentent de former un comité d’insurrection.
Les citoyens patriotes et modérés s’indignent.
« Le défaut d’ordre a fait tout le mal, affirme lelibraire Ruault. Comment quatre ou cinq mille femmes des faubourgs, quelques
