— L’argent…, fis-je, décontenancé. Il permet d’acheter tout ce qui est indispensable.

— Chez nous chacun reçoit autant d’inforia qu’il le désire. Vous, par exemple. Vous avez dit que vous veniez de dîner à l’infor central. Avez-vous payé les blocs d’information avec cet… argent ?

Il avait raison. Mais je n’abdiquai pas.

— Comment vous passez-vous d’argent ?

— Il ne sert à rien.

— Mais si vous avez besoin de comparer deux blocs d’information pour établir celui qui a le plus de valeur ? Avec des roubles et des kopecks la chose serait aisée. Mais sans l’aide de l’argent…

— Vous ne savez donc pas qu’il est très simple de mesurer l’inforia ? dit le vieillard. L’unité de mesure de l’information est le bit. Un bit équivaut à…

— Seulement pas de conférence, implorai-je. J’en ai par-dessus la tête. Je regardai alentour.

Le vieillard avait disparu comme par enchantement.

L’information absorbée commençait visiblement à faire son œuvre. J’avais des nausées, des brûlures d’estomac. J’étais complètement retourné. Ou bien l’information était trop relevée, ou bien elle était simplement fallacieuse.

J’avançais. Les maisonnettes devant moi oscillaient, tantôt sortant du brouillard, tantôt de nouveau englouties par celui-ci. « Et si, effectivement, tout se réduisait à cette inforia ? me demandai-je en faisant une grimace due à un terrible mal de crâne. Si l’on réfléchit bien… Lorsque j’interroge un élève, qu’est-ce que je lui demande sinon de l’information ? Le savoir ! C’est l’assimilation de l’information. Et lorsque je colle une mauvaise note, c’est que l’information est insuffisamment assimilée. En lisant un livre, n’est-ce pas de l’information que nous recherchons au premier chef ? De l’information sur ce que nous ignorons encore, sur ce qui nous préoccupe et intéresse. Et si ce n’est pas le cas, alors nous refermons le livre de dépit… »



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