Du deuxième a bondi un cheval rouge. « Celui qui était dessus, on lui a donné d’ôter la paix de la terre, que les gens s’entr’égorgent, et on lui a donné un grand sabre. » C’est le cheval de la violence et de la guerre.

Le cheval noir qui sort du troisième porte la famine, et le quatrième a le pelage blême, « et celui qui était dessus s’appelait la peste ».

Du cinquième s’élèvent les plaintes des « âmes de ceux qui ont été égorgés à cause de la parole de Dieu ». Ils réclament vengeance, et « leurs frères vont être tués comme eux ».

Quand on a ouvert le sixième sceau, ç’a été « une grande secousse, le soleil a été noir comme un sac de crin, la lune entière a été comme du sang ».

Et quand on a brisé le septième, ç’a été le silence dans le ciel. « Et j’ai vu et entendu un aigle voler au zénith et dire à grande voix : “Malheur, malheur, malheur aux habitants de la terre !” »

Où est l’espérance ?

S’élancent vers moi les chevaux de l’Apocalypse, blanc, rouge, noir, blême.

Est-ce là ma vie, est-ce là la Vie ?

Le salut ne venant qu’après la mort ?

Pourquoi naître si c’est pour mourir ?

Je lis : « Les sept tonnerres font parler leurs voix. »

Les villes sont détruites, « ç’a été des éclairs, une secousse et une grande grêle…

« Et on a vu un grand signe dans le ciel, une femme vêtue de soleil, avec la lune sous ses pieds et une couronne de douze étoiles sur sa tête.

« Elle est enceinte, elle crie dans les douleurs, en tourments d’enfanter.

« Un dragon rouge se tient devant la femme qui va enfanter pour dévorer son enfant quand elle enfantera. »

J’ai refermé le livre de l’Apocalypse, l’ai violemment repoussé et il a chu sur le sol de dalles rouges.

6

Rouge a été la couleur de l’aube, au terme de cette nuit-là.

J’ai quitté l’hôtel afin de m’arracher aux marécages de l’insomnie, mais, tout à coup, je me suis affolé.



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